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mercredi 19 décembre 2012

Lettre au Père Noël - Les plus beaux spectacles à mettre au pied du sapin

En ces périodes de fêtes, voici une liste non exhaustive des spectacles à offrir à toute la famille. 

Bon shopping de Noël !

 

 

Kiss and Cry : spectacle hybride pour tous à partir de 12 ans

 


Après leur numéro, les patineurs artistiques attendent la sentence des juges sur un banc appelé "Kiss & Cry". Embrassez-vous, que la fin soit heureuse ou non, qu'on pleure ensuite de joie ou de dépit. L'important c'est de participer, de se lancer sur la glace pour virevolter en plus ou moins agréable compagnie, le temps d'une, deux, trois chansons, et advienne que pourra (tombera, tombera pas?) La danseuse et chorégraphe Michèle Anne De Mey et le réalisateur Jaco Van Dormael, co-patineurs sur scène comme dans la vie, unissent leurs forces pour le montage de ce spectacle hybride, tourbillonnant.


Piccoli sentimenti : marionnettes loufoques pour tous à partir de 3 ans

 


Embarquement immédiat pour un voyage initiatique, périple muet, universel, d'une créature en éveil. Avec la marionnette, ouvrez grands vos mirettes, imprégnez-vous des notes ludiques et envoûtantes concoctées par le maître Max Vandervorst, tripatouillez tout ce que vous trouverez, et surtout jouez, expérimentez. 

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Occident : chronique de la violence ordinaire, pour adultes uniquement

 


Si les Deschiens s'installaient dans un bel appartement en ville, se mettaient au yoga, et portaient soudainement des costards, ils ressembleraient finalement assez aux personnages d'Occident, la pièce de Rémi De Vos reprise par le Rideau du Bruxelles en ce moment au Théâtre Marni. Si ce n'est que l'équipe de François et Yolande semblent souvent beaucoup plus bête que méchante, et qu'ici on s'interroge! En cette fin d'année festive, octroyez-vous une courte chronique de la violence ordinaire, déblatérée avec cynisme par deux comédiens de talent.

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Se souvenir des belles choses (nano-DANSE)

 
Après leur numéro, les patineurs artistiques attendent la sentence des juges sur un banc appelé "Kiss & Cry". Embrassez-vous, que la fin soit heureuse ou non, qu'on pleure ensuite de joie ou de dépit. L'important c'est de participer, de se lancer sur la glace pour virevolter en plus ou moins agréable compagnie, le temps d'une, deux, trois chansons, et advienne que pourra (tombera, tombera pas?) La danseuse et chorégraphe Michèle Anne De Mey et le réalisateur Jaco Van Dormael, co-patineurs sur scène comme dans la vie, unissent leurs forces pour le montage de ce spectacle hybride, tourbillonnant.




 Il est des poèmes légers, qui n'ont l'air de rien, mais qui vous tordent comme un torchon soigneusement essoré, tant ils sont bien racontés. Spectacle mêlant la danse, le théâtre, le cinéma, les arts plastiques, Kiss & Cry est une performance multiple, qui donne corps à quelques mots simples, universels, pour nous parler d'amour, de la mémoire, du temps qui nous échappe, de la mort. Grandes questions, grandes ambitions, portées à bout de doigts par deux nano-danseurs et toute une fine équipe de techniciens, pour un résultat virevoltant. 

Sur la scène, on observe le petit monde de Gisèle, en construction. Une poupée, un aquarium, un train téléguidé, qui une fois transposés à l'écran par l’œil expert du cameraman prennent taille humaine, et deviennent les acteurs de notre frénétique quête de l'amour perdu. De la même manière, les vingt doigts souples et précis des deux danseurs se font corps, timides et blessés, mais aussi sensuels et aguicheurs, amoureux, curieux, et n'ont certainement rien à envier aux jambes de leurs confrères. 


C'est ici que réside véritablement la pincée de génie du spectacle : pouvoir faire admirer au public la main du danseur, la caméra sur la maquette, ensuite immédiatement oubliées à la seconde où les yeux se posent sur l'écran, et inversement. Magie du spectacle, beauté du propos, Kiss & Cry est sans conteste le spectacle dont vous n'avez pas fini de vous rappeler.


Du 8 au 26 janvier 2013 au Théâtre National, places à acheter d'URGENCE ici. 
Séances de rattrapage en mars, calendrier complet ici.


Création collective : Michèle Anne De Mey, Gregory Grosjean, Thomas Gunzig, Julien Lambert, Sylvie Olivé, Nicolas Olivier, Jaco Van Dormael
Production : Charleroi Danses / le manège.mons - Centre Dramatique

dimanche 15 avril 2012

Nomades' Land (FESTIVAL)


Balkan Trafik!

Déjà 6 ans que Bozar et 1001 Valises nous préparent chaque printemps un délicieux bouillon de culture des Balkans. Nicolas Wieër, instigateur et producteur du festival, voulait en finir avec les clichés, « transformer l’idée de poudrière des Balkans en poudrière culturelle », en mettant en scène toute la richesse culturelle de cette région trop méconnue, dans un lieu de référence comme le Palais des Beaux Arts.

Opération réussie : Roumanie, Albanie, Macédoine, Grèce, Serbie, Turquie, Bosnie, Kosovo, toutes les routes mènent au Bozar du 12 au 15 avril. Le Palais labyrinthique devient un carrefour où toutes les communautés se croisent pour faire un bout de chemin ensemble, sac au dos et  Burek à la main.


Au sous-sol, nous avons été accueillis par le Kabaret Manouche de Tcha Limberger, qui réunissait le guitariste Fapy Lafertin et Les Violons de Bruxelles pour un concert intimiste dans un cabaret 70s. Le tout accompagné d'un délicieux Merlot de Slovénie et de loukoums, de quoi se mettre définitivement dans l'ambiance! Au-dessus, nous avons fait halte au Rembetiko café pour une dégustation de pita et de zeljanica en musique, avec Michel  Hatzi, musicien greco-belge à la croisée des chemins. Dans le grand hall, nous avons découvert Kirika, ensemble atypique où clarinette et Bouzouki côtoient guitare électrique, basse et batterie pour un folk psychédélique. La soirée s'est terminée en apothéose avec Band of Gypsies, Taraf de Haïdouks et le Koçani Orkestar, soit 26 musiciens, danseurs, et chanteurs, que la Belgique avait déjà applaudis à Couleur Café et à l'Ancienne Belgique. La salle Henry Leboeuf était pleine à craquer, le public debout à tous les étages dansant et tapant des mains au rythme des violons, accordéons, clarinettes, cithares, dans une ambiance frénétique qu'on a peu coutume de vivre dans ce temple de la musique classique!


C'est le coeur léger et l'esprit réchauffé que nous sommes rentrés de voyage, des rêves plein les yeux. Si vous avez manqué Balkan Trafik, prenez date dès à présent de la prochaine édition (18-24/04/2013) : il ne faut surtout pas rater le train une seconde fois!

mardi 21 février 2012

Le Havre - Aki Kaurismäki (CINEMA)

C'est un drôle de film avec un drôle de titre, qui défraie la chronique mais peine encore à attirer le public. Comment vous dire...  Ce pourrait être un roman balzacien, une Scène de la vie de province, un conte, une bande dessinée ? C'est un peu tout ça à la fois, mais surtout une belle histoire.



Le dernier film du finlandais Aki Kaurismäki a été encensé par la critique, sélectionné en 2011 au Festival de Cannes, récompensé par le prix Louis-Delluc 2011, nominé aux Césars du meilleur réalisateur et du meilleur film 2012. Pourtant, 500 000 entrées en 2 mois c'est 40 fois moins qu'Intouchables, autre comédie sociale française qui donne à réfléchir en toute légèreté. On s'interroge donc : pourquoi le public boude-t-il Le Havre ?

Certes Le Havre n'est pas une comédie hilarante, bien que les situations burlesques et les caricatures cinématographiques se succèdent, et ce dès l'ouverture avec le "porteur de malette très suspect et très surveillé" jusqu'à la confrontation clownesque au Directeur du centre de rétention. Disons que l'oeuvre est une surprise. Nous étions une trentaine dans la salle, et je suis sûre que si chacun avait dû étiqueter le film d'un genre précis, nous aurions reçu trente propositions différentes.


Ce pourrait être un roman balzacien, une Scène de la vie de province avec ses personnages typiques et pittoresques, caractérisés et liés aux autres par leur profession : la boulangère, l'épicier, le flic, le cireur de chaussure, le rockeur, la tenancière du bistrot, etc.

Beaucoup ont vu un conte, qui ramène des "faits" marquants de l'actualité politique française dans un décor des années 50, comme pour nous rappeler que ces questions d'accueil des étrangers sont vieilles comme le monde, atemporelles, tout comme les valeurs de solidarité, de partage, d'entraide locale qui s'imposent comme une réponse évidente.

Ce pourrait être la "morale" de cette histoire, dont les personnages vivront heureux en aidant beaucoup d'enfants malgré leurs pauvres moyens, mais c'est aussi un rappel bénéfique : n'oublions pas que c'est le monde de la minorité qui se globalise, s'accélère, se noie dans l'information, crée des tendances et des psychoses collectives, s'inquiète de la "gestion des flux migratoire". La réalité de la majorité reste la lenteur et la simplicité d'un quotidien modeste, ancré dans la vie locale. Où l'on se débrouille comme on peut avec ce qu'on a et avec ceux qui sont là.

La peinture lente, en plans fixes, de l'aventure humaine de Marcel Marx se lit en définitive comme une bande dessinée, par vignettes successives. Les dialogues courts, minimalistes et presques récités sur un ton souvent monocorde, pourraient ainsi être inscrits dans quelques bulles éparses sur ces tableaux colorés.


Un film atypique donc, mais surtout poétique, à voir à l'Actor's Studio, tous les jours à 18h45.

mardi 10 janvier 2012

We need to talk about… Responsibility? (CINEMA)

Quand un homme pète les plombs, commet l’irréparable, à qui la faute ? Si mes souvenirs sont bons, il s’agit d’un sujet sur lequel ont planché de nombreux bacheliers en philosophie ces dernières années, c’est vous dire s’il est vaste…

Si l’homme en question est mineur, il ne porte pas directement le poids de la responsabilité de ses actes, et souvent le milieu socio-éducatif est envisagé comme source première des problèmes rencontrés par l’enfant/adolescent.

Dans l’œuvre de Lynne Ramsay, adaptation du roman éponyme de Lionel Shriver, notre psychopathe fomente ses crimes dans une spacieuse villa ultra confortable. Des parents absents? même pas. Le couple s’aime, a désiré cet enfant, et jouit d’une confiance et d’une complicité que les difficultés rencontrées avec Kevin mettent 15 ans à érafler. Sa mère est disponible et attentionnée, suffisamment en tout cas pour changer ses couches jusqu’à 8 ans et continuer à l’épauler bien après son incarcération. Le milieu scolaire est évacué, ce qui sous-entend qu’aucun problème particulier n’y a été détecté. L’éducation des parents est elle-même validée explicitement par la présence d’une petite sœur « normale ».  Alors que s’est-il passé, et qui est coupable ?


La question sous-tend le film par le regard des victimes plus ou moins directes du massacre, qui se grignotent de l’intérieur à défaut de comprendre, et par le regard de la mère qui semble retracer le fil de la vie de Kevin en quête d’un indice. Cette mère qui est punie par la société pour ne pas avoir su empêcher le crime de son propre enfant, et qui témoigne de ce qu’elle a vu, ressenti, à nous autres spectateurs distants/jurés impartiaux. 

«  […] à bien des égards, je considère que d'être parent, c'est comme écrire une longue lettre qu'on n'envoie jamais. Donc, l'absence de parole et le sentiment d'isolement n'étaient pas difficiles à interpréter car le sujet du film, ce ne sont pas des faits mais des sentiments. » nous explique Tilda Swinton. Pas de parti pris donc, pas de vraie explication, mais une vraie réflexion sur la notion de responsabilité : la responsabilité morale en tant que capacité à répondre de ses actes (étymologie), en démontrer les  motifs et pouvoir être jugé sur eux, la responsabilité en tant qu’obligation morale, pénale, de réparation, entre autres. Quand il n’y a ni motif, ni possibilité de réparation, ni réponses des actes indignes et irrationnels commis, sont-ils vraiment encore ceux d’un homme ?

We need to talk about Kevin - de Lynne Ramsay avec Tilda Swinton, Ezra Miller, John C. Reilly, Jasper Newell, and Ashley Gerasimovich. (1 h 50)
Au Cinéma Aventure – VOST - Galerie du Centre 57 Centrumgalerij - Bruxelles 1000 Brussel.

vendredi 18 novembre 2011

Avec leurs jupes, Elles Tournent (CINEMA)

Festival Elles Tournent, Botanique, du 29/09 au 02/10/11
 
Un festival féministe ? non tu n’as pas bien compris. C’est un festival féminin. Un thème, un prétexte finalement. Il y a la biennale du cinéma espagnol par-ci, la semaine du cinéma d’animation par-là, eh bien il y a le festival des films de réalisatrices à Bruxelles. Alors débattons, mais ne nous battons pas, et parlons cinéma…

Ce soir je suis allée voir El Premio, le film de Paula Markovitch, auteur, scénariste et réalisatrice mexicaine. C’est l’histoire d’une gamine qui se bat contre les éléments en Argentine.
Du point de vue politique, les éléments ce sont le régime dictatorial et son armée, et du point de vue poétique, c’est la mer déchaînée par le vent et les « mouettes qui crient car elles ont peur de tomber ». C’est la plage sur laquelle tu ne te promènes pas sans ton anorak, et où tu ne croises pas âme qui vive sur des kilomètres : il n’y a qu’elle et la mer, qu’elle tente d’apprivoiser par les jeux.

Cela semble peine perdue au début, mais alors qu’elle y parvient au fur et à mesure des excursions, qu’elle réussit à domestiquer le chien qui erre par là, et même la population locale qui semble revêche à l’inconnu, c’est sa mère qu’elle perd, dans un combat politique qui n’est malheureusement pas de son âge.

Le film est beau, et effectivement la petite salle de cinéma à la cave du Botanique ne lui rend pas forcément hommage, mais ce qu’on perd en qualité numérique on le gagne en rencontres et en échanges. Vous pourrez en effet déguster votre moment de cinéma en compagnie de personnalités politiques internationales, des réalisatrices elles-mêmes, de la personne qui est assise juste derrière vous avec son pc portable sur les genoux et qui gère en direct le sous-titrage en 3 langues !

Même le soleil s’est invité sur les terrasses du Botanique pour l’apéritif, c’est vous dire qu’il ne manque plus que vous !

Festival Elles tournent, Du 29/09 au 02/10/11, au Botanique, Rue Royale 236 à Bruxelles.