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vendredi 20 avril 2012

Comment visiter 182 galeries du monde entier en quelques heures ?

Art Brussels - Art contemporain

Si vous faites partie des français qui vont jusqu'à Brussels Expo pour voter ce weekend, si vous cherchiez des activités abritées pour échapper aux giboulées, si vous n'avez pas le temps de traverser 25 pays pour dénicher les nouveaux noms de l'art, mais aimerez quand même bien ne pas passer à côté, vous n'avez AUCUNE raison de rater la 30ème édition de la Contemporary Art Fair de Bruxelles.


Grâce à la nouveauté de l'année, la nocturne grand public, nous avons pu flâner hier soir entre les 182 galeries aménagées à Brussels Expo. Grande ignare de l'art contemporain que je suis, cette soirée m'a permis de prendre le temps de voyager d'une galerie à l'autre, d'un pays à l'autre, pour y découvir des photos, peintures, installations diverses et sculptures insolites, sous l'oeil bienveillant des galeristes toujours prêts à expliquer la démarche d'un artiste, ses méthodes de travail, ou le pourquoi du comment d'une performance a priori très conceptuelle.

Trois espaces pour les 2 000 artistes à découvrir :
First Call - la section de la nouvelle génération qui vit sa 1ère fois(re)
Young Talent - pour les artistes dont la carrière est déjà lancée
Gallery Zone - pour les noms déjà connus à l'international

Les coups de coeur :

Relocation de Hans Wilschut, Galerie Ron Mandos (NL), pour sa lumière, ses couleurs, révélant le caractère surnaturel que peuvent revêtir certains éléments triviaux de notre quotidien.



Les briques de la Galerija Skuc (Slovénie), qui peuvent être une simple brique à 5€, une arme et en valoir 500, ou une oeuvre d'art et se vendre alors 5000€. Les mots de Fred Eerdekens, Galerie Samuel Vanhoegaerden (BE), projetés sur un mur, dans une flaque, à partir d'une sculpture en relief inattendue.
Utopia Dystropia de Ged Quinn, Galerie Paragon (GB), série de 7 lithographies qui semblent coloriées à la main d'une ou deux touches seulement, qui suffisent pourtant à modifier totalement la lumière des dessins. Les photographies trafiquées de Martin Liebscher, Asbaek Gallery (DK), où l'on peut voir un même homme incarner plusieurs centaines de spectateurs à lui tout seul, dans des endroits prestigieux comme la Scala de Milan.


Enfin, le stand de la Fédération Wallonie Bruxelles, occupé par les artistes Wilmes et Mascaux, vous permettra de vivre quelques grands moments d'émotions, devant par exemple les photos de la série "Garden" comme cet arbre survivant, ou encore l'escalier qui ne mène plus nulle part, seul témoin d'une époque grandiloquente aujourd'hui déchue.



La foire vous a ouvert l'appétit? Encore plus d'évènements à découvrir dans toute la Belgique cette semaine !

Art In The City - Exposition de sculptures en plein air dans le parc Egmont - tous les jours du 18/04 au 22/04 , de 8h à 20h, Accès gratuit

Video In The City - Exposition de vidéos aux Galeries Cinéma - du 18/04 au 27/04 de 14h à 22h30, 5€

Mais aussi des remises de prix, débats, projections vidéos, expositions... Plus d'infos sur artbrussels.be

dimanche 15 avril 2012

Nomades' Land (FESTIVAL)


Balkan Trafik!

Déjà 6 ans que Bozar et 1001 Valises nous préparent chaque printemps un délicieux bouillon de culture des Balkans. Nicolas Wieër, instigateur et producteur du festival, voulait en finir avec les clichés, « transformer l’idée de poudrière des Balkans en poudrière culturelle », en mettant en scène toute la richesse culturelle de cette région trop méconnue, dans un lieu de référence comme le Palais des Beaux Arts.

Opération réussie : Roumanie, Albanie, Macédoine, Grèce, Serbie, Turquie, Bosnie, Kosovo, toutes les routes mènent au Bozar du 12 au 15 avril. Le Palais labyrinthique devient un carrefour où toutes les communautés se croisent pour faire un bout de chemin ensemble, sac au dos et  Burek à la main.


Au sous-sol, nous avons été accueillis par le Kabaret Manouche de Tcha Limberger, qui réunissait le guitariste Fapy Lafertin et Les Violons de Bruxelles pour un concert intimiste dans un cabaret 70s. Le tout accompagné d'un délicieux Merlot de Slovénie et de loukoums, de quoi se mettre définitivement dans l'ambiance! Au-dessus, nous avons fait halte au Rembetiko café pour une dégustation de pita et de zeljanica en musique, avec Michel  Hatzi, musicien greco-belge à la croisée des chemins. Dans le grand hall, nous avons découvert Kirika, ensemble atypique où clarinette et Bouzouki côtoient guitare électrique, basse et batterie pour un folk psychédélique. La soirée s'est terminée en apothéose avec Band of Gypsies, Taraf de Haïdouks et le Koçani Orkestar, soit 26 musiciens, danseurs, et chanteurs, que la Belgique avait déjà applaudis à Couleur Café et à l'Ancienne Belgique. La salle Henry Leboeuf était pleine à craquer, le public debout à tous les étages dansant et tapant des mains au rythme des violons, accordéons, clarinettes, cithares, dans une ambiance frénétique qu'on a peu coutume de vivre dans ce temple de la musique classique!


C'est le coeur léger et l'esprit réchauffé que nous sommes rentrés de voyage, des rêves plein les yeux. Si vous avez manqué Balkan Trafik, prenez date dès à présent de la prochaine édition (18-24/04/2013) : il ne faut surtout pas rater le train une seconde fois!

vendredi 30 mars 2012

Florence M. (faire des photos)

Florence M. faire des photos, et les expose ce weekend à Maelbeek, à la galerie L'Art Sans Costard.

Florence Marais a 26 ans et un book déjà bien garni. Elle a commencé la photo il y a quelques années déjà, le temps de ramener des souvenirs d'Allemagne, des États-Unis, de Grèce, et d'en créer à Bruxelles.
Le temps aussi de réfléchir à sa démarche et de visser à son appareil un triple objectif :


Capturer le précieux de l'instant

C'est chose faite avec Départ Imminent. Le cliché représente une locomotive à vapeur, sur le départ, battant le pavé pour le début d'un long voyage. La photo est ma préférée de l'exposition, celle que j'aurais bien aimé emporter. Peut-être car, en plus du cachet de l'ancien, et de la belle lumière de ce moment du soir qu'on préfère, elle réussit justement à figer le mouvement, et les émotions fortes liées au départ, l'angoisse mêlée d'excitation quand retentit le sifflet du chef de gare.


Donner de la beauté au banal

Cet escalier typique, des typiques maisons bruxelloises, Florence en a fait un Escher (pas Stéphane, mais Maurits Cornelis) : mais si, regardez bien, prenez votre temps, et essayez donc de me dire si cet escalier monte ou s'il descend!





Jouer et transformer la réalité 

C'est en définitive la Porte ouVerte sur la mer qui a remporté hier soir le plus de suffrages.  Cette porte qui pourrait être celle d'une maison qu'on connaît, familière et chaleureuse avec ses épais murs de pierre et sa peinture flamboyante. Florence aurait aimé la coller sur la vitrine de la galerie, grandeur nature. Comme pour nous montrer que les portes s'ouvrent parfois sur l'inattendu, l'infini. Imprimée sur toile, elle prend toute sa dimension surréaliste, ce qui nous rassure : cette porte ne peut pas exister, Florence l'a forcément rêvée...


Il vous reste trois jours pour pousser vous aussi la porte de cette charmante galerie, "sans costard". Vous pourrez enchérir, troquer, boire un verre, ou juste vous asseoir sur la balançoire pour écouter la leçon de poésie de Florence M.


Florence M. c'est encore vendredi 30/03 de 17h à 21h, puis samedi 31/03 de 15h à 19h et dimanche 01/04 entre 14h et 18h, à L'Art Sans Costard, 6 rue Charles Martel à Bruxelles (entrée libre).