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mardi 22 janvier 2013

Amis du soir, bonsoir! (THEATRE)


Pour vivre vieux, pour vivre heureux, une seule condition : dormir d'un sommeil de plomb. Seulement voilà, parfois, on se couche, et ça marche comme ça, mais parfois pas. Il faut alors miser sur quelques ingrédients simples, comme de jolies loupiotes, de grands bols de lait chaud, mais surtout ne pas oublier les histoires, qui, si elles sont bien racontées, nous aiderons à nous glisser sans regrets dans de beaux rêves douillets.  



 

 

 

Une jolie histoire, ça ne se raconte pas à la légère, il faut des passionnés, des experts. Des conteurs patients, bien conscients qu'une histoire se déguste subtilement, comme une douce mandarine à la neige. Et puis parfois les amis sont partis, les parents sont absents, alors sur qui compter pour nous endormir paisiblement? Le Gouvernement, qui ne rigole pas avec la santé des gens, n'a pas fait les choses à moitié : il a nommé des fonctionnaires du conte, chargés de nourrir les oreilles en mal de merveilles.





Allo, le Bureau des histoires qu'on raconte avant d'aller dormir le soir, bonsoir! C'est Carine qui décroche le téléphone, elle connaît le répertoire sur le bout des doigts, et veille au respect des règles : bien raconter ne s'improvise pas! Soutenue par Jean, gardien du rythme des comptines et chasseur de fausses notes, Alain et Benjamin, dompteurs d'ombres et de lumières, elle saura toujours trouver l'idée qui illuminera votre fin de soirée.


Voilà l'histoire, voilà l'histoire! Quatre comédiens mobilisés, des histoires pleins leurs tiroirs, la recette a du succès. Après nous avoir emmenés "tout guillerets, dans la forêt, dans la forêt", fait voyager à bord d'un train virevoltant, il sera enfin temps pour les membres du Bureau de dire "Bonsoir lune" et bonsoir aux autres objets environnants. Soyez assurés que ce soir-là, une fois rentrés, vous dormirez comme des bébés!



 
Le Bureau des Histoires..., un spectacle d'ombres et de musique du Théâtre du Tilleul, pour tous à partir de 5 ans, créé à La Balsamine en 2009, reprise au Théâtre National jusqu'au 20 janvier, au Centre culturel de Braine-L'Alleud en février, à Liège pour le festival Ottokar en mars, au Centre culturel de Woluwé en avril (plus d'infos ici).


mercredi 19 décembre 2012

Lettre au Père Noël - Les plus beaux spectacles à mettre au pied du sapin

En ces périodes de fêtes, voici une liste non exhaustive des spectacles à offrir à toute la famille. 

Bon shopping de Noël !

 

 

Kiss and Cry : spectacle hybride pour tous à partir de 12 ans

 


Après leur numéro, les patineurs artistiques attendent la sentence des juges sur un banc appelé "Kiss & Cry". Embrassez-vous, que la fin soit heureuse ou non, qu'on pleure ensuite de joie ou de dépit. L'important c'est de participer, de se lancer sur la glace pour virevolter en plus ou moins agréable compagnie, le temps d'une, deux, trois chansons, et advienne que pourra (tombera, tombera pas?) La danseuse et chorégraphe Michèle Anne De Mey et le réalisateur Jaco Van Dormael, co-patineurs sur scène comme dans la vie, unissent leurs forces pour le montage de ce spectacle hybride, tourbillonnant.


Piccoli sentimenti : marionnettes loufoques pour tous à partir de 3 ans

 


Embarquement immédiat pour un voyage initiatique, périple muet, universel, d'une créature en éveil. Avec la marionnette, ouvrez grands vos mirettes, imprégnez-vous des notes ludiques et envoûtantes concoctées par le maître Max Vandervorst, tripatouillez tout ce que vous trouverez, et surtout jouez, expérimentez. 

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Occident : chronique de la violence ordinaire, pour adultes uniquement

 


Si les Deschiens s'installaient dans un bel appartement en ville, se mettaient au yoga, et portaient soudainement des costards, ils ressembleraient finalement assez aux personnages d'Occident, la pièce de Rémi De Vos reprise par le Rideau du Bruxelles en ce moment au Théâtre Marni. Si ce n'est que l'équipe de François et Yolande semblent souvent beaucoup plus bête que méchante, et qu'ici on s'interroge! En cette fin d'année festive, octroyez-vous une courte chronique de la violence ordinaire, déblatérée avec cynisme par deux comédiens de talent.

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A l'Ouest, rien de nouveau (THEÂTRE)

Si les Deschiens s'installaient dans un bel appartement en ville, se mettaient au yoga, et portaient soudainement des costards, ils ressembleraient finalement assez aux personnages d'Occident, la pièce de Rémi De Vos reprise par le Rideau du Bruxelles en ce moment au Théâtre Marni. Si ce n'est que l'équipe de François et Yolande semble souvent beaucoup plus bête que méchante, et qu'ici on s'interroge! En cette fin d'année festive, octroyez-vous une courte chronique de la violence ordinaire, déblatérée avec cynisme par deux comédiens de talent.


Dans les villes de grande solitude, au temps béni de la crise économique, l'Occident a peur. La menace est partout, et un sentiment d'insécurité généralisé baigné d'ennui et d'alcool peut suffire à  nous noyer tous. La nécessité de trouver un ennemi commun, à éloigner de nos maisons avant qu'il ne nous dérobe femmes, travail et capitaux, saura nous faire dériver dans un torrent de haine collective, aromatisé au whisky.


Loin de l'image intello-bobo qu'évoque encore pour certains spectateurs les pièces du Rideau du Bruxelles, Occident est un match, une baston, un bon coup de poing dans la gueule, donné sans gants mais avec beaucoup d'humour par un Philippe Jeusette en pleine crise de panique, et rendu de plus belle par une Valérie Bauchau ultra remontée. Ce couple haineux (sans doute le résultat d'une mauvaise cuite ou d'un délire psychotique?) nous rappelle qu'à trop vouloir être réconfortés, bercés, on en finit par ne plus entendre que les jolies mélodies envoutantes des sirènes idiotes qui nous entourent. A vos risques et périls messieurs-dames... N'oubliez quand même pas d'écouter les paroles, ou vous pourriez, sans vous en apercevoir, commencer à aimer Sardou!

Occident, Rémi De Vos / Frédéric Dussenne, artiste associé au Rideau, avec Valérie Bauchau et Philippe Jeusette. En tournée en Belgique au mois de janvier, puis au Festival Paroles d'Hommes en février. Calendrier complet ici.

dimanche 2 septembre 2012

La planète des singes (Performance/Danse)


L'intérieur d'une vieille église. Des spots aveuglants et au-dessus le noir total. Devant, un vieux lit à barreaux cabossé, de vieilles planches au sol et de la terre. Avons-nous pénétré dans le repaire d'un tueur en série ? Avons-nous été écroués dans une cellule peu engageante ? Avons-nous rejoint une planque de soldats ? Un peu tout ça à la fois en fait.


Monkey, ce n'est ni du théâtre, ni vraiment de la danse, peut-être une performance (commodité des concepts dernier cri!) qui tend à nous confiner, nous spectateurs, dans l'espace clos de nos pulsions les plus sombres. Celles dont nous sommes prisonniers, et contre lesquelles nous n'avons de cesse de batailler. Pour unique repère, une voix de plus en plus lointaine qui nous invite à la relaxation, pour entrer si profond en nous-mêmes qu'il sera difficile d'en sortir indemne. Les tableaux se succèdent alors sous le regard tour à tour captivé, curieux ou terrorisé du personnage qui les fantasme, soumis à la dégénérescence de toutes ses lubies, l'horreur n'étant jamais bien loin de l'excitant.




Un spectacle visuel, qui joue sur les symboles et pousse les stéréotypes à l'extrême, comme pour creuser sous l'amas de nos fantasmes collectifs aseptisés, et en faire ressortir toute la noirceur que nous faisons semblant d'ignorer. Les silhouettes ondulantes se désarticulent sous le poids de l'envie, les chic-issimes accessoires rouges et noirs deviennent sang et terre coagulant autour des mannequins abîmés par la violence du désir, les sourires consentants se font grimaces comme la force des pulsions les accablent. Parce que la sexualité ne peut pas être parfaitement assainie, parce que la chair ce n'est pas propre, et que nous ne sommes pas des poupées plastifiées et incassables. 

 
Après les sursauts, la claustrophobie, et les frissons, un seul regret, celui de n'avoir pas vraiment eu le temps de sentir naître le désir, poindre l'émoi devant la beauté, avant de découvrir le caractère morbide de notre fascination. Peut-être est-ce l'atmosphère totalement flippante du lieu qui n'a laissé que trop peu de place à l'excitation ? A juger de vos propres yeux, à comparer avec les autres créations d'Abattoir fermé, et à débattre ensuite à plusieurs : on aime, on déteste, mais ces spectacles ne vous laisseront sûrement pas indifférents.




Plus d'infos : 
Les Brigittines, magnifique centre d'art contemporain du mouvement de la ville de Bruxelles.
Abattoir Fermé, la compagnie, tous leurs spectacles dans d'autres lieux et ambiances.

dimanche 10 juin 2012

Deux mâles, des mots (Concert lecture d'Arthur H)


Seconde étape du Marathon des mots, festival des littératures organisé tous les deux ans par l’ASBL Entrez Lire, le concert-lecture d’Arthur H et Nicolas Repac, l’Or Noir, aura été l’occasion d’un retour aux sources. Retour en enfance, temps béni où l’on nous raconte encore des histoires, retour à la tradition orale de la littérature qui s’écoute et se transmet, retour à la musicalité des mots, aux fondements de la poésie, retour aux racines des différentes cultures qui nous habitent, car « nous sommes tous, aujourd’hui, un peu créole, un peu américain, un peu oriental, un peu africain (relié par la vérité du rythme) ».



C’est le noir complet. Sur scène, deux conteurs, l’un assis à une table de bistrot, l’autre entouré d’instruments traditionnels, tous deux chapeautés. On pourrait être dans une tribu africaine, ou dans un club de jazz de la Nouvelle Orléans. Nous sommes en route vers l’Or Noir, portés par la voix d’Arthur H,  « cette voix qui nous vient du fond de la bananeraie, langoureuse et élégante, comme un hamac l’aurait fait s’il savait chanter, parfois grave et sèche comme une lampée de rhum, pour s’éteindre doucement afin de faire corps avec la nuit », nous décrit Dany Laferrière, l’un des auteurs des textes ramenés de la Caraïbe francophone par nos deux voyageurs.

Le théâtre, la voix, les lumières, les notes, constituent ici un véritable écrin dans lequel les mots scintillent davantage. « Avec Nicolas, nous avons improvisé quelques jours, jusqu’à ce qu’il trouve l’ossature harmonique, rythmique et mélodique et, surtout, l’atmosphère émotionnelle, la couleur sonore qui vibre avec chaque poème ». Voilà ainsi le public embarqué dans une expérience collective, un frissonnement général où tous les sens sont en éveil pour accueillir les mots, bien loin des gueuletons littéraires solitaires modernes dans les transports en communs.

L’amour, la mort, le voyage, notre conteur « siffle des choses très anciennes/de serpents de choses caverneuses » (Aimé CESAIRE, Corps perdu). L’Or noir, combustible, source d’énergie naturelle, alcool à brûler les cœurs et à transmettre les passions, ce sont les mots, les mots de tous les temps, nous dit Arthur H qui les réincarne : « Culbuté par la grosse houle du siècle/ au feuillage musicien des mots je lave/ mon époque à l’eau de ma tendresse du soir. » (René DEPESTRE, Le métier à métisser)

Prochaines escales : http://www.arthurh.net/lor-noir/

dimanche 15 avril 2012

Nomades' Land (FESTIVAL)


Balkan Trafik!

Déjà 6 ans que Bozar et 1001 Valises nous préparent chaque printemps un délicieux bouillon de culture des Balkans. Nicolas Wieër, instigateur et producteur du festival, voulait en finir avec les clichés, « transformer l’idée de poudrière des Balkans en poudrière culturelle », en mettant en scène toute la richesse culturelle de cette région trop méconnue, dans un lieu de référence comme le Palais des Beaux Arts.

Opération réussie : Roumanie, Albanie, Macédoine, Grèce, Serbie, Turquie, Bosnie, Kosovo, toutes les routes mènent au Bozar du 12 au 15 avril. Le Palais labyrinthique devient un carrefour où toutes les communautés se croisent pour faire un bout de chemin ensemble, sac au dos et  Burek à la main.


Au sous-sol, nous avons été accueillis par le Kabaret Manouche de Tcha Limberger, qui réunissait le guitariste Fapy Lafertin et Les Violons de Bruxelles pour un concert intimiste dans un cabaret 70s. Le tout accompagné d'un délicieux Merlot de Slovénie et de loukoums, de quoi se mettre définitivement dans l'ambiance! Au-dessus, nous avons fait halte au Rembetiko café pour une dégustation de pita et de zeljanica en musique, avec Michel  Hatzi, musicien greco-belge à la croisée des chemins. Dans le grand hall, nous avons découvert Kirika, ensemble atypique où clarinette et Bouzouki côtoient guitare électrique, basse et batterie pour un folk psychédélique. La soirée s'est terminée en apothéose avec Band of Gypsies, Taraf de Haïdouks et le Koçani Orkestar, soit 26 musiciens, danseurs, et chanteurs, que la Belgique avait déjà applaudis à Couleur Café et à l'Ancienne Belgique. La salle Henry Leboeuf était pleine à craquer, le public debout à tous les étages dansant et tapant des mains au rythme des violons, accordéons, clarinettes, cithares, dans une ambiance frénétique qu'on a peu coutume de vivre dans ce temple de la musique classique!


C'est le coeur léger et l'esprit réchauffé que nous sommes rentrés de voyage, des rêves plein les yeux. Si vous avez manqué Balkan Trafik, prenez date dès à présent de la prochaine édition (18-24/04/2013) : il ne faut surtout pas rater le train une seconde fois!

vendredi 18 novembre 2011

Avec leurs jupes, Elles Tournent (CINEMA)

Festival Elles Tournent, Botanique, du 29/09 au 02/10/11
 
Un festival féministe ? non tu n’as pas bien compris. C’est un festival féminin. Un thème, un prétexte finalement. Il y a la biennale du cinéma espagnol par-ci, la semaine du cinéma d’animation par-là, eh bien il y a le festival des films de réalisatrices à Bruxelles. Alors débattons, mais ne nous battons pas, et parlons cinéma…

Ce soir je suis allée voir El Premio, le film de Paula Markovitch, auteur, scénariste et réalisatrice mexicaine. C’est l’histoire d’une gamine qui se bat contre les éléments en Argentine.
Du point de vue politique, les éléments ce sont le régime dictatorial et son armée, et du point de vue poétique, c’est la mer déchaînée par le vent et les « mouettes qui crient car elles ont peur de tomber ». C’est la plage sur laquelle tu ne te promènes pas sans ton anorak, et où tu ne croises pas âme qui vive sur des kilomètres : il n’y a qu’elle et la mer, qu’elle tente d’apprivoiser par les jeux.

Cela semble peine perdue au début, mais alors qu’elle y parvient au fur et à mesure des excursions, qu’elle réussit à domestiquer le chien qui erre par là, et même la population locale qui semble revêche à l’inconnu, c’est sa mère qu’elle perd, dans un combat politique qui n’est malheureusement pas de son âge.

Le film est beau, et effectivement la petite salle de cinéma à la cave du Botanique ne lui rend pas forcément hommage, mais ce qu’on perd en qualité numérique on le gagne en rencontres et en échanges. Vous pourrez en effet déguster votre moment de cinéma en compagnie de personnalités politiques internationales, des réalisatrices elles-mêmes, de la personne qui est assise juste derrière vous avec son pc portable sur les genoux et qui gère en direct le sous-titrage en 3 langues !

Même le soleil s’est invité sur les terrasses du Botanique pour l’apéritif, c’est vous dire qu’il ne manque plus que vous !

Festival Elles tournent, Du 29/09 au 02/10/11, au Botanique, Rue Royale 236 à Bruxelles.